Mes dernières lectures #3

Je ne vais pas vous cacher que depuis l’article « mes dernières lectures #2 » j’ai lu un bon paquet de trucs. Il y a eu du bon et du moins bon, comme d’habitude. Chaque lecture méritait bien quelques mots, mais que voulez-vous ma bonne dame, j’ai eu la flemme.

Comme je viens de finir une lecture fort éprouvante, je me dis que c’est le bon moment pour faire un petit récap de mes dernières lectures. Je vais me limiter à mes 4 derniers romans, les BD viendront plus tard.

Les Hauts de Hurle-vent – Emily Brontë

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Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

Si le résumé donne un petit aperçu de la bonne ambiance qu’on va retrouver dans l’histoire, je ne m’attendais pas à un tel condensé de passion, de haine, de vengeance, de mépris et de désespoir. J’ai vécu ces 450 pages comme une épreuve, mais en même temps dès que je refermais le livre, j’avais aussitôt besoin de retrouver les personnages et de retourner aux Hauts de Hurle-Vent. Je voulais savoir ce qui allait arriver à tous les personnages, même j’ai vite compris que la happy end c’est pas du genre de la maison.

Heathcliff (je me rends compte que j’ai passé tout le livre à l’appeler Hearthcliff, ce qui pourrait presque lui aller finalement) est à la base de toute l’histoire. Petit bohémien adopté par Mr. Earnshaw, il est aimé et grandit entouré de Catherine, sa soeur adoptive pour qui il va avoir des sentiments fraternels dans un premier temps, puis une passion dévorante ensuite, et de son grand frère adoptif Hindley. A la mort de Mr. Earnshow, c’est Hindley, le grand frère un peu taré et alcoolique qui va tenir la maisonnée. Plus question de traiter Heathcliff comme un égal, c’est pour le jeune garçon le début de la fin. Catherine, qu’il aime passionnément, va finir par se marier avec le voisin richou, Linton. A partir de là Heathcliff va péter un câble et consacrer toute sa vie et son énergie à se venger de la famille qui est la source de son malheur. Il va détruire un à un les héritiers de la famille Earnshow et Linton (d’ailleurs pour ne pas s’embrouiller avec les divers personnages, sachant qu’en plus ils copulent entre cousins, c’est plus facile d’avoir un petit arbre généalogique. Dans ma vieille édition Le livre de Poche j’en ai un après la préface, il m’a été très utile !).

Je crois que ce qui m’a le plus marqué dans cette histoire, c’est que j’ai détesté la quasi totalité des personnages (jusqu’à les interpeller à haute voix parce qu’ils sont franchement trop énervants) et en même temps il n’y en a aucun complètement mauvais. Même Heathcliff, qui est quand même le gros tarba de l’histoire, a des circonstances atténuantes. On se rend vite compte que la source de toute cette méchanceté est l’amour et la passion entre Catherine et Heathcliff qui n’a pas pu être assouvie.

J’ai été assez étonnée d’apprendre que l’autrice, Emily Brontë, a écrit ce roman à 29 ans sans avoir jamais connu l’amour. Je trouve ça fou qu’on puisse aussi bien dépeindre une passion dévastatrice sans l’avoir réellement vécu. J’ai envie de dire bien ouej Emily, t’es carrément dans le vrai.

C’est un livre qui me faisait un peu flipper (comme tous les livres classiques qui me semblent trop compliqués pour mon petit esprit), mais je ne regrette absolument pas. C’est une très belle histoire et un très très bon livre, même s’il se lit avec une boule dans le ventre.

Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 1 – Ransom Riggs

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Jacob est un ado comme les autres, excepté qu’il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d’enfants qu’il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu’il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s’accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu’à suivre les dernières instructions qu’a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle…

Adapté au cinéma en 2016 par Tim Burton, il y a eu une grosse hype autour de ce livre et je n’ai pas pu résister. Je suis bien contente d’avoir suivi la tendance parce que j’ai énormément aimé ce livre (un peu moins l’édition avec sa tranche d’un violet moche).

J’ai aimé le fond, mais également la forme. On retrouve régulièrement, pour illustrer les propos de l’auteur, de vieilles photos ambiance « monstres de foire ». Ça crée une ambiance un peu glauque et bizarre, ça a beaucoup fonctionné sur moi ! D’ailleurs je n’ai pas bien dormi à cause d’une photo un peu flippante qu’on retrouve vers la fin du livre (celle de l’estre, pour ceux qui ont lu).

On va suivre Jacob, ado qui ne croit plus aux histoires extravagantes de son grand-père. Depuis qu’il est tout petit, ce dernier lui raconte qu’il a grandi dans un orphelinat avec des enfants extraordinaires, aux pouvoirs fantastiques. Il lui montre régulièrement des photos, de toute évidence truquées, se dit Jacob, d’une petite fille qui vole ou d’une autre qui soulève une énorme pierre d’une main.

Alors que son grand-père commence à devenir fou, à hurler qu’il est poursuivi par des monstres, Jacob va le retrouver mortellement blessé par l’un de ces monstres. Les dernières paroles de son grand-père vont mener Jacob sur le chemin de ce fameux orphelinat où il a passé son enfance…

Aussitôt commencé, aussitôt terminé ! J’aime beaucoup le dosage « jeunesse mais pas trop ». C’est facile à lire et fluide comme un livre jeunesse, et en même temps l’histoire a assez de profondeur pour ne pas ennuyer un lecteur adulte. J’ai même un peu flippé par moment, les méchants font réellement peur.

J’ai trop hâte de lire la suite !

Soie – Alessandro Baricco

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Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains.
Entre les monts du Vivarais et le Japon, c’est le choc de deux mondes, une histoire d’amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d’une voix, la sacralisation d’un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.

Ça fait longtemps qu’on me conseille de lire Alessandro Baricco. J’ai enfin franchi le pas avec Soie, un très court roman que j’ai trouvé d’occasion à un euro (#pauvreté).

J’ai fini ce livre en un aller-retour au travail. A peine 140 pages pour un récit toute en délicatesse.

Alors que les élevages de vers à soie de son village (et donc toute l’économie locale) sont menacés par une épidémie, Hervé est désigné pour aller chercher des oeufs de vers à soie sains au Japon. De ce voyage à l’autre bout du monde Hervé revient bouleversé. Des liens vont se tisser de voyage en voyage entre Hervé et le Japon, et surtout entre Hervé et une mystérieuse femme.

C’est une histoire difficile à résumer, les émotions passent autant par des sensations que par les mots, et c’est très beau. J’ai beaucoup aimé ce court roman plein de poésie, d’amour et de douceur. Il se lit très rapidement et offre une petite parenthèse très agréable.

Journal Intime – Chuck Palahniuk

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Misty Wilmot est une femme frustrée, intelligente et sensible, coincée sur une île défigurée parle tourisme où elle travaille comme une esclave dans un grand hôtel régulièrement vide. Son mari, architecte rencontré dans une école d’art, est dans le coma après ce qui ressemble à un suicide. Plus rien ne tourne rond. L’île, secrète, devient inquiétante, génératrice de psychoses. Pourquoi Peter, avant de vouloir en finir, a-t-il scellé certaines pièces des villas sur lesquelles il travaillait ? Comment expliquer les messages haineux qu’il a bombés sur les murs, annonçant la vengeance des habitants de l’île contre les envahisseurs ? Pourquoi les autochtones se mettent-ils à regarder Misty bizarrement comme si, subitement, elle était devenue autre, comme une sorte d’ennemie ?…

J’aime Chuck Palahniuk. Il y a du très bon, du bon et du moins bon dans ce qu’il fait, mais à chaque fois il nous transporte quelque part. Je prends chacun de ses romans comme un exercice de style. A chaque histoire ses tics de langages, ses champs lexicaux et ses obsessions. Chuck est un obsessionnel qui écrit sur des obsessionnels.

Dans Journal Intime, Chuck Palanhiuk nous parle de peinture et d’Art. Il nous raconte l’histoire de Misty, qui a épousé Peter qu’elle a rencontré en fac d’arts. Lorsqu’on fait la connaissance de Misty, Peter est dans le coma suite à un suicide raté. D’apprentie artiste à « esclave » dans un grand hôtel, Misty nous décrit son triste quotidien dans son journal intime. L’histoire va vite partir en couilles (Chuck oblige) et il va être question de malédiction, de séquestration et on va frôler (sans jamais vraiment toucher) le fantastique.

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est que l’auteur ne fait pas les choses à moitié. En parallèle à l’histoire de Misty, on va en apprendre beaucoup sur la peinture, sur certains artistes et sur l’Art. J’ai découvert le syndrome de Stendhal par exemple (maladie psychosomatique qui est provoquée par une « surcharge d’oeuvre d’art » et qui vient de Stendhal qui a été physiquement touché par la beauté de Florence) et les différentes maladies dont souffraient les peintres, notamment à cause des toxines dans la peinture.

Souvent, avant de me lancer dans une livre, je vais voir un peu les critiques en ligne. Journal Intime est super mal noté et j’ai eu un peu peur de tomber sur un récit WTF et incompréhensible. Finalement j’ai beaucoup aimé. Ce n’est pas mon préféré de l’auteur parce que l’univers (l’île, avec ses habitants) me semble beaucoup trop éloigné de ma réalité (contrairement à Survivant, Fight Club, Choke ou Monstres Invisibles, où on retrouve des gens exclus de la société, un peu « différents », mais qu’on pourrait tous devenir à un moment ou un autre finalement).

En bref, j’ai passé un bon moment. Après si vous ne connaissez pas trop l’auteur ou que vous n’adhérez pas à son style vous pouvez passer votre chemin ! Moi je suis une fangirl assumée.

J’espère que ce n’était pas trop long et que ça vous a donné envie de découvrir un peu ces ouvrages ! Vous avez lu quoi vous ces derniers temps ?

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